CONTROVERSE sur l'effondrement de la France
- Par cordier_bernard
- Le 01/02/2026
- Dans Les années LOL
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CONTROVERSE
D’après E TODD, la crise française pas un événement passager. (https://www.youtube.com/watch?v=KcJ39TOK3ns )
On assisterait à un effondrement de la France et de l’Europe.
Certes nous n’avons pas de majorité depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024 mais ici le problème ne serait pas simplement l’absence de majorité, mais absence de légitimité.
Car les projets reposent sur des promesses que personne ne croierait plus :
- Gauche radicale : justice sociale, redistribution, progrès. Or la France aurait déjà un État providence massif et les dépenses sociales deviendraient insoutenables du fait de la démographie.
- Centre : toute réforme, modernisation, recherche de compétitivité déclencherait des grèves massives.
- Xtrm Droite : souveraineté, contrôle migratoire, identité nationale ne pourraient rassembler en France qui serait déjà un pays multi ethnique. Et on ne peut inverser cette réalité démographique.
Gouverner deviendrait donc effectivement impossible car : pas de projet collectif cohérent, société fatiguée, trop fragmentée, trop polarisée.
Donc la crise serait le produit d’une transformation démographique et anthropologique de long terme ainsi décrite :
avec les 3 transformations majeures de la France entre 1960 et 2020 :
- massification éducative → ne croierait plus ce que les élites nous dictent, ce qui épuiserait toute capacité de gouverner
- effondrement de la famille traditionnelle → finie la famille stable avec héritage égalitaire, à l’origine de collectifs solidaires. Les individus ne seraient plus socialisés à accepter des obligations collectives. Cette société d’individus atomisés ne pourrait plus être gouvernée collectivement.
- sécularisation radicale → Vérité supérieure et sacrifice individuel pour le bien commun ont disparu. Tout deviendrait négociable, relatif, contestable.
Ces trois transformations auraient détruit la gouvernabilité de la France : perte des structures mentales qui permettaient jadis de former des consensus, d’accepter des autorités, de se mobiliser pour des projets collectifs.
Concernant l’Europe qui s’est structurée autour de la France et l’Allemagne qui forment le moteur politique de l’UE. Aujourd’hui les deux sont bloqués, l’Allemagne est paralysée par sa crise économique (récession industrielle et dépendance énergétique, vieillissement démographique) et la France est paralysée par sa crise politique (incapacité à former un gouvernement stable et contestation permanente). Résultat, l’UE se retrouve sans direction.
Pendant ce temps, les crises s’accumulent : migrations, inflation, tensions géopolitiques, transition énergétique. L’Europe ne pourrait résoudre ces crises et elle ne jouerait plus son rôle d’acteur géopolitique avec ses 450 millions d’Habitants et sa puissance normative globale. Faute de ce leadership, la fragmentation latente de l’Europe s’exprime sans restriction. L’Europe redeviendrait un agrégat de nations aux intérêts contradictoires incapables de coopération durable.
La France peut-elle encore être gouvernée ?
Structurellement ce serait NON
Les réformes économiques conduiraient aux blocages, les politiques sociales seraient bloquées par les contraintes budgétaires et les marchés financiers, les politiques identitaires seraient bloquées par les divisions et les accusations de discrimination. Dans tous les cas l’opposition paralyserait l’action.
Conclusion :
La France serait entrain de devenir ingouvernable pour des raisons anthropologiques.
Sur-éducation qui aurait créé un population hypercritique, les solidarités collectives qui seraient détruites par l’atomisation familiale, la sécularisation qui aurait éliminé toute transcendance. Tout cela de façon irréversible.
Quelles issues possibles d’après TODD :
1/ accepter l’ingouvernabilité et négocier des accords régionaux et temporaires. Renoncer à la vision de long terme. Des décisions finiraient par se prendre avec des délais plus longs.
2/ oscillations entre phases de paralysie et phase d’autoritarisme. Le recours à un leader fort se ferait lors des crises majeures qui surviendraient. Le leader serait empêché lorsqu’à son tour il tenterait des réformes, etc.
3/ enchaînement des crises qui conduisent à l’effondrement des institutions.
Et aussi la France ne jouerait plus son rôle historique de leader politique de l’Europe.
Le problème ne serait plus institutionnel mais anthropologique.
La France ressemblerait de plus en plus à celle de la fin de la 4è république… qui se termine en 1958, donc avant les trois transformations anthropologiques majeures, mince, tout l’argumentation s’effondre.
Par ailleurs, plus sur le fond de ce qu’on pourrait dire de l’argumentation sur l’ingouvernabilité de la France.
1ère tentative :
lien vers la Robustesse N°66 d’Olivier HAMANT
Construire la robustesse N°66
L’idée de la robustesse vous parle, mais elle vous parait bien romantique, parce que vous traversez actuellement une période de grandes fluctuations, et que vos marges de manœuvre sont très réduites. Que peut-on imaginer dans ce cas-là ?
Premier point : « Si vous bloquez sur un problème, agrandissez-le » (Dwight D. Eisenhower). Pour trouver de nouvelles marges de manœuvre, il faut élargir le cercle. Par des interactions avec d’autres collègues, d’autres associations, d’autres territoires (mais aussi avec les non-humains, en mobilisant les services écosystémiques, eux-mêmes dépendant des alliances latérales de la biodiversité). Inutile d’ajouter que si ces liens ont été établies préalablement à la crise, il sera nettement plus facile de mobiliser ce cercle élargi.
Dans cet esprit, la mutualisation des fonds, des outils ou des compétences, n’est pas une économie d’échelle ; il s’agit plutôt de se donner d’autres cordes à son arc, quand certaines cordes sont fragilisées. En d’autres termes, il est important de garder le cap sur le format « archipel » et non sur la pyramide centralisée. En pratique, cela peut prendre la forme d’un appel à projet compétitif que l’on fait dérailler, collégialement, en appel à commun, avec les groupes/associations qui répondent à l’appel.
Ensuite, une période de crise appelle bien souvent un renoncement temporaire à la robustesse, pour assurer la continuité. Le plus important dans ce cas est de bien circonscrire la période de performance, avec une date de fin. Sinon, le risque est de considérer que le nouveau modèle plus performant est le bon (on passe la crise), alors que la prochaine crise demandera d’avoir un potentiel à dissiper, et donc un investissement préalable dans la robustesse. Il s’agit finalement d’être en anti-phase : de la robustesse quand tout va bien, pour autoriser de (courts) moments de performance dans la crise.
Mais parfois, le blocage se trouve ailleurs : la gouvernance, l’actionnaire lointain, la culture de la performance… Comment créer les conditions dans lesquelles ces acteurs ne soient plus des freins ?
La lecture de Saul Alinski (merci Stéphane Vanden Eede!), activiste américain des années de la grande dépression jusqu’au mouvement des droits civiques, peut être inspirante. En particulier, quand il promeut les alliances latérales pour encercler le cœur du système et le ringardiser. Il s’agit d’une forme de lutte sociale nettement plus joyeuse que la grève (puisqu’on élargit le cercle des alliances), non violente (pas de lutte frontale), et plus fiable (car un adversaire isolé ne peut pas rester un adversaire bien longtemps). Il s’agit presque d’une forme de jeu de go, une stratégie de transformation plus lente et plus robuste, car elle porte en elle sa propre inéluctabilité.
Un exemple pour aller plus loin: Les districts industriels italiens: https://lnkd.in/dwbAHDCp
2è tentative :
La néguentropie de B STIEGLER et la non-calculabilité des transformations
Au delà de la France, une bifurcation est nécessaire et inéluctable
Voir https://www.youtube.com/watch?v=D3a3s58W63Y
3è tentative :
Les formes d’organisation déjà là.
Voir le livre de Juliette DUQUESNE : Autonomes et solidaires pour le Vivant, S’organiser sans l’autorité de l’État.
Où l’État fait partie du problème.
https://www.youtube.com/watch?v=7ZBLFL-ua70
4è approches avec deux remarques additionnelles :
- Nous sommes dans une période inédite, donc un référencement au passé présente des limites : ce qui change radicalement est que nous n’avons plus de marges de manœuvre.
- La référence à l’anthropologie est pertinente mais une approche en silo, en ignorant d’autres grands champs de la connaissance actuelle est non-pertinente.
On ne peut se passer de faire référence à l’état des ressources globales. Si l’on se réfère au travail collectif sous la direction de Dennis et Donella MEADOWS mené en 1972 sur les limits to growth, en 2040 on sera passé dans un autre paradigme...
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